Enterrer la liberté scientifique? Non à l’interdiction irréfléchie des thérapies de conversion
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Thoune, le 6 mai 2023
Enterrer la liberté scientifique? Non à l’interdiction irréfléchie des thérapies de conversion
Dans un nombre croissant de cantons, l’interdiction des «thérapies de conversion» est mise sur le tapis politique – ou a déjà été décidée. En décembre 2022, le Conseil national a voté à la majorité, sur proposition de la Commission des affaires juridiques du Conseil national (CAJ-N), en faveur d’une interdiction à l’échelle nationale – la décision du second conseil (Conseil des États) est encore attendue. Du point de vue de l’UDF Suisse, une interdiction des thérapies de conversion est une erreur fatale, basée sur un humanisme mal compris! L’UDF s’est penchée de manière intensive sur cette thématique: Elle s’oppose à des interdictions motivées idéologiquement et plaide pour la préservation de la liberté personnelle de l’individu de pouvoir choisir librement sa prise en charge thérapeutique et spirituelle.
Le terme «thérapies de conversion» désigne généralement des méthodes de psychothérapie qui postulent comme objectif la diminution des tendances homosexuelles et le développement du potentiel hétérosexuel. Dans le débat politique des pays occidentaux, le terme a généralement une connotation négative. Depuis quelque temps, il est souvent associé à des formes de traitement qui visent à pousser les minorités sexuelles à abandonner leur sexualité sous la contrainte ou en exerçant de fortes pressions. Dans ce contexte, les partis de gauche et les représentants du lobby LGBT demandent l’interdiction des thérapies de conversion dans un nombre croissant de cantons – par exemple dans les cantons de Berne, Genève, Neuchâtel, Zoug et Zurich. Dans de nombreux cas, les gouvernements cantonaux refusent une interdiction cantonale en se référant au droit national supérieur.
Préserver les droits fondamentaux
L’UDF défend «l’autodétermination sexuelle» – et c’est précisément pour cette raison qu’elle s’oppose à une interdiction des thérapies de conversion. Une telle interdiction serait en conflit avec les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution, tels que le droit à la liberté personnelle (art. 10), la liberté de conscience et de croyance (art. 15) ainsi que la liberté d’opinion et d’information (art. 16). La transparence des résultats consultatif voire thérapeutique, si centrale dans un pays libre, serait massivement limitée. Les personnes en quête de conseils se verraient informées: «Tu ne peux plus décider toi-même des objectifs de ta thérapie!»
Terme générique diffus
Les demandes d’interdiction actuelles présentent le problème fondamental de ne pas définir clairement la notion de thérapie de conversion. Les auteurs de l’initiative interprètent mal les thérapies de conversion, qu’ils considèrent généralement comme un terme générique diffus, et les associent à des «tentatives d’inversion de polarité» brutales (par exemple les thérapies par électrochocs), telles qu’elles ont parfois – bien que rarement – été pratiquées dans le passé. Des thérapies par électrochocs, par exemple, existaient il y a environ 70 ans, et seulement dans les cliniques. Il va de soi que l’UDF condamne avec la plus grande fermeté toute thérapie ordonnée contre la volonté des personnes concernées, qui est manipulatrice, qui exerce des pressions et qui provoque des souffrances.
Mais il peut aussi être manipulateur qu’un thérapeute tente de convaincre son client de vivre son orientation homosexuelle, alors que celui-ci exprime des réserves éthiques ou morales.
La loi protège déjà aujourd’hui la liberté et l’intégrité des personnes qui demandent de l’aide. Des conseillers ou thérapeutes abusifs – peu importe dans quel domaine – peuvent être dénoncés. Toutefois, ceux qui veulent obtenir de la Confédération et des cantons des exemples concrets de «thérapies d’inversion de polarité» en Suisse, qui vont à l’encontre de la dignité humaine, n’avance guerre. On entend souvent dire: «Nous n’avons pas connaissance de tels cas». Veut-on réglementer ici un problème qui n’en est pas un?
Beaucoup d’idéologie, aucune utilité
Nous ne pouvons pas nous défaire de l’impression que derrière cette revendication centrale du lobby LGBT se cache également beaucoup d’idéologie. Il s’agit manifestement de rendre tabou le fait qu’il existe aussi dans notre pays des personnes qui vivent leur orientation homosexuelle ou bisexuelle comme un conflit. Il s’agit par exemple d’hommes et de femmes qui sont mariés à un partenaire hétérosexuel, qui ont des enfants avec lui et qui souhaitent lui être fidèles. Dans ce contexte, deux questions importantes se posent: premièrement, des changements d’orientation sexuelle sont-ils fondamentalement possibles? Deuxièmement, faut-il s’efforcer de modifier l’orientation sexuelle?
Lorsqu’il s’agit d’hétérosexuels s’adonnant à des penchants homosexuels ou bisexuels, le jugement semble clair dans le climat politique actuel. Ces personnes sont encouragées à exercer leur droit à la liberté personnelle. Pourquoi alors rendre tabou le fait que la fluidité de l’orientation sexuelle peut aussi évoluer dans l’autre sens? Celui qui aspire volontairement à un tel changement doit également avoir la liberté de pouvoir choisir librement un accompagnement thérapeutique et/ou spirituel dans ce processus. Il n’y a aucune raison objective pour que des personnes qui vivent une orientation homosexuelle ou bisexuelle de manière conflictuelle ne puissent plus recourir à un accompagnement spécialisé.
Pour de plus amples informations:
Philippe Karoubi, membre du comité de direction,
078 715 98 01
